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Mar 13, 2026

Dinaa / L’éclosion d’une voix engagée de la nouvelle scène française

De la rue aux sommets : l’ascension fulgurante

​Artiste française émergente, Dinaa grandit dans le Lot avant de poursuivre ses études à Grenoble, puis de s’installer à Toulouse, ville dont elle devient une figure montante de la nouvelle scène musicale. Bercée par la musique depuis sa plus tendre enfance, elle n’a besoin que d’une guitare et de sa voix pour transmettre une émotion brute. Chez elle, la musique ne se joue pas : elle se ressent.

​Cette intensité a rapidement porté ses fruits. Propulsée sous le feu des projecteurs grâce à sa reprise poignante du titre « Angoisse », puis par son morceau « Lisa », devenu viral sur TikTok et Instagram avec des dizaines de millions de vues et streams, Dinaa s’impose rapidement comme une artiste à part dans sa génération. Son univers navigue entre soul, R&B et jazz, avec des influences assumées de grandes figures comme Amy Winehouse ou Nina Simone, tandis que son écriture se nourrie de paysages cinématographiques et littéraires.

Toulousaine de cœur, elle est lauréate du tremplin du Rose Festival, un accomplissement qui confirme son ancrage local et son potentiel national. Engagée sur les sujets qui traversent sa génération (guerre, conflits internationaux, féminisme, liberté d’expression), l’artiste incarne une jeunesse consciente et déterminée. Ses textes trouvent un écho auprès d’un public jeune, plus engagé que jamais, qui se reconnaît dans ses paroles et dans sa capacité à transmettre une large palette d’émotions, allant de la mélancolie à la joie.

Présente sur toutes les plateformes musicales, elle compte aujourd’hui plus de 170 000 abonnés Instagram, près de 30 000 sur Spotify avec plus de 205 000 auditeurs mensuels et plus de 11 000 fans sur Deezer, des chiffres qui traduisent une communauté en pleine croissance.

En pleine ascension, Dinaa se démarque par une authenticité rare et une sensibilité qui lui permettent de tracer son propre chemin dans le paysage musical français.

 

Maison Vide : un premier album personnel et audacieux

 

​Nous y sommes. Ce vendredi 13 mars marque un tournant majeur avec la sortie de son tout premier album, intitulé Maison Vide, un projet profondément personnel et audacieux. Composé de 14 titres pour une durée totale de près de 42 minutes, Maison Vide est bien plus qu’une simple collection de chansons : c’est un journal intime ouvert au monde.

La guitare y reste omniprésente, véritable fil conducteur de l’album. Mais l’artiste ne s’enferme dans aucun registre : elle explore. On passe de morceaux acoustiques intimistes à des sonorités deep-house, en traversant des univers pop-rock, tout en conservant cette touche soul/jazz au niveau de la voix, toujours aussi posée, qui s’autorise ici des poussées vocales marquantes qui en font sa signature. Cette diversité musicale permet à chacun de s’y retrouver.

​L’engagement est au cœur du disque. Les thématiques abordées sont puissantes et actuelles : féminisme, violences conjugales, actualité internationale, mais aussi peines de cœur, amour et introspection. Toutes sont traitées avec une poésie et une honnêteté qui ne trichent jamais.

Par exemple, dans « Fée du mal », elle illustre avec finesse une relation toxique où la douleur se mêle à la dépendance affective, ou encore avec le titre « Coup et foudre », dans lequel on retrouve une image poétique mêlée de paroles crues, qui expose la complexité de la violence conjugale, à la fois subtile et dévastatrice.

Clip vidéo de « Fée du mal » :

L’un des points forts de l’album est le duo très attendu avec Scylla, un projet évoqué par l’artiste elle-même bien avant sa sortie. Cette collaboration vient renforcer son ancrage parmi les plumes musicales les plus respectées, après ses passages remarqués aux côtés d’Oxmo Puccino et A2H sur le titre « Croque-mitaine », sorti en janvier 2025.

Maison Vide se vit comme un itinéraire émotionnel. Il touche, questionne, apaise parfois et bouscule aussi. On sent une artiste qui ose, qui s’affirme, qui ne craint pas d’exposer ses convictions autant que ses fragilités.

 

Et Dinaa, elle en pense quoi ?

 

À l’occasion de la sortie de Maison Vide, l’artiste a accepté de répondre à quelques questions sur son parcours, ses inspirations et la création de ce premier album. Celles-ci vous permettront de mieux comprendre le point de vue de l’artiste sur ce nouveau chapitre de son histoire qui s’écrit aujourd’hui.

 

  • Ton parcours t’a menée du Lot à Toulouse en passant par Grenoble. Comment ces différents paysages ont-ils influencé la diversité des styles (de la soul à la deep-house) présents dans l’album ?

 

« En déménageant souvent, j’ai eu l’occasion de rencontrer plein de gens et de découvrir des univers très différents. Je me suis beaucoup nourrie culturellement de mon entourage, des musiques que les gens écoutaient, des ambiances dans lesquelles je me retrouvais. Je pense que cette diversité dans laquelle j’ai grandi a forcément influencé ma musique. Ça m’a donné envie de ne pas rester dans une seule case, mais plutôt d’explorer plusieurs styles et plusieurs couleurs. »

 

  • Ton album sort aujourd’hui : quel est ton état d’esprit à cet instant précis ?

 

« Là tout de suite, je traverse mille émotions en même temps. Il y a forcément le stress qu’il ne plaise pas, la peur de décevoir… mais aussi beaucoup d’euphorie parce que je sors enfin le projet le plus important de ma carrière à ce jour. Je suis surtout très heureuse d’arriver à l’aboutissement de tous ces mois de travail et de pouvoir enfin partager ces chansons avec le public. »

 

  • La guitare est très présente dans ton univers. Représente-t-elle une forme de sécurité ou de liberté pour toi ?

 

« Oui, c’est un mélange des deux. La guitare, c’est le premier instrument que j’ai eu entre les mains. J’ai grandi en écoutant mon beau-père jouer dans les fêtes, ou le soir avant de m’endormir. C’est quelque chose de très familier pour moi, presque un refuge. Mais c’est aussi ma manière de relâcher la pression et de m’exprimer. Quand je prends la guitare, j’ai l’impression que tout devient plus simple. Donc il y a clairement une forme de liberté là-dedans. »

 

  • Tes textes abordent des sujets engagés. Ressens-tu une responsabilité particulière envers ta génération ?

 

« Je ne pense pas me sentir responsable envers les gens. Je n’ai pas envie de porter le poids d’être une sorte de “lanceuse d’alerte”. C’est plutôt un besoin qu’une obligation. J’écris sur ce qui me touche, sur ce que je vois autour de moi et sur ce que je ressens. Mais je suis quand même convaincue que la musique n’est pas seulement là pour divertir : elle peut aussi transmettre des messages et des valeurs. Et ça, c’est ma manière à moi de partager les miennes. »

 

  • Comment choisis-tu les sonorités très variées que l’on retrouve dans cet album ?

 

« Je suis quelqu’un de très éclectique, donc j’ai tendance à m’éparpiller facilement en termes de styles. Je prends autant de plaisir à faire du blues que du rock ou de la pop. Sur cet album, je n’avais pas envie de me brider. J’avais plutôt envie de laisser transparaître un peu toutes mes influences et les différentes facettes de ce que j’aime musicalement. »

 

  • Ton duo avec Scylla marque une nouvelle étape. Comment cette collaboration est-elle née ?

 

« Scylla a toujours été très haut dans la liste des artistes avec qui j’aimerais collaborer. Quand j’ai découvert sa musique il y a six ans, j’ai été vraiment touchée par la justesse de ses mots. Depuis, ses chansons m’accompagnent souvent dans les moments difficiles de ma vie. Quand on m’a demandé si je voulais inviter quelqu’un sur l’album, j’ai directement pensé à lui. Je suis vraiment très heureuse qu’il ait accepté. C’est un peu un rêve qui se réalise. »

 

  • Tes influences soul et jazz sont perceptibles. Quelles artistes ou quels films ont le plus nourri cet album ?

 

« Je suis une grande fan d’Amy Winehouse, Nina Simone, Etta James, et de beaucoup d’autres artistes évidemment.

Je pense qu’au-delà de cet album, ces artistes ont beaucoup influencé ma musique en général. Il y a chez elles une sincérité et une intensité qui me touchent énormément. Dans Maison Vide, j’aborde beaucoup de thèmes comme la santé mentale, l’amour triste, la fête, mais aussi des sujets un peu plus engagés. Ce sont des thématiques qu’on retrouve aussi chez les artistes qui m’ont marquée. »

 

  • Après ce premier projet, quelle direction artistique aimerais-tu explorer à l’avenir ?

 

« Je ne sais pas encore exactement. Peut-être quelque chose de plus folk, peut-être quelque chose de plus soul…

J’essaie de laisser de la place à l’inspiration du moment. La seule chose dont je suis sûre, c’est que ma guitare et mes textes resteront toujours le noyau dur de ma musique. »

 

Conclusion : une découverte qui vaut le détour

 

​Dinaa livre un projet profondément personnel, aux paroles fortes et actuelles. Elle s’y dévoile davantage, explore plusieurs styles musicaux et démontre l’étendue de ses capacités vocales et lyriques qui sont totalement en phase avec les valeurs de la jeunesse actuelle. Pour un premier album, le travail est qualitatif, abouti et mérite qu’on lui accorde une véritable écoute attentive.

Pour ma part, je ne connaissais pas vraiment l’artiste en dehors de quelques titres très présents sur les réseaux sociaux (notamment « Lisa »). Cette sortie est donc une très belle découverte, sans aucun regret, quelle claque ! Dans un paysage musical où le rap domine largement les écoutes de la jeunesse actuelle, Dinaa propose quelque chose de plus posé avec une écriture soignée et une voix apaisante.

​C’est l’album parfait pour déconnecter, travailler au calme ou se relaxer entre amis. Si vous cherchez de quoi « reposer votre cerveau » tout en étant stimulé intellectuellement, foncez.

Clip vidéo de « Désolée pour le bruit » :

Pour accompagner cette découverte, j’ai également créé une playlist spéciale pour le Pass Culture et What the France, qui rassemble une sélection de titres dans la même veine : des morceaux sensibles, engagés et authentiques, qui prolongent l’univers de Dinaa et mettent en lumière une scène française riche et inspirée. Vous y trouverez des sons 100% “made in France” !

Dinaa saura donc vous convaincre de son talent avec cet album. Une artiste à suivre de très près.

Mathis De Sousa

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